Pourquoi ai-je écrit ce livre ?
     Parce qu'un ami m'a suggéré de le faire !

     Nous discutions souvent longuement de mes voyages, de ces cultures si variées que j'avais côtoyées. Je lui confiais mes réflexions, mes interrogations sur le "choc des cultures", ou comment l'incommunicabilité entre des mondes trop éloignés générait l'incompréhension et la peur de l'autre, de "l'étranger", avec son lot de stéréotypes, de croyances absurdes et parfois de violence. Bien sûr, parler de diversité culturelle amène forcément à parler de relations de couple ainsi que du statut et de la liberté des femmes au sein des différentes sociétés, à commencer par la nôtre. Là aussi, l'incommunicabilité et l'incompréhension provoquent bien trop souvent des drames.

     Ce thème qui me tient particulièrement à cœur, était justement le point de départ de mon travail de recherche en anthropologie.
     Extrait du sujet de mon mémoire de DEA :
     "La jalousie amoureuse, blessure narcissique s'il en est, s'avère universelle. Cependant, l'expression de ce sentiment – encouragée et légitimée ou condamnée et interdite – varie considérablement d'une culture à l'autre. L'importance accordée à la paternité biologique, la priorité attribuée, ou non, à la filiation paternelle déterminent les structures familiales, lesquelles conditionnent à leur tour le désir d'exclusivité sexuelle, la jalousie, et finalement la position sociale et familiale des femmes, leur liberté ou leur aliénation. Dans une société, le jugement "ordinaire" réservé à la jalousie masculine et à ses manifestations violentes se révèle un indicateur pertinent du statut de la femme." ...
Mémoire de DEA en anthropologie :"Jalousie et violences conjugales à la Réunion", Université de la Réunion, 1999.
     La grande majorité des sociétés sont patriarcales, parfois de façon "intégriste" et brutale. Dans le monde occidental, les choses s'améliorent lentement. Cependant, je pense que c'est moins sur le plan économique ou juridique, qu'au niveau des mentalités et des comportements individuels qu'il reste encore beaucoup à faire... Et pourtant, il existe d'autres modèles, car un fonctionnement social non basé sur la domination masculine est possible. Certes, cela est rare, mais cela existe !

     Écrire un livre ? Pour quoi faire ?
     J'ai d'abord pensé que cela intéresserait bien peu de personnes. Et puis, écrire un nouvel essai sur les relations de genre me paraissait inutile : il en est de nombreux et d'excellents. Mais l'expérience s'avérait trop tentante…
      Ma fibre féministe me laissant espérer une société exempte de sexisme, une idée a germé, s'est solidement enracinée comme une herbe folle : entraîner le lecteur dans une aventure initiatique pour lui faire découvrir un autre mode de vie, décrire un monde chimérique où règneraient l'équilibre et le respect entre les sexes, un monde néanmoins crédible… Le projet était suffisamment déraisonnable pour être séduisant !

      En fait, ce roman "Les Oubliés de Tikihama", Hymne à l'amour libre, mijotait depuis longtemps…

envolée multicolore
      "Les Oubliés de Tikihama" est à la fois un conte anthropologique et un récit à mi-chemin entre réalité et fiction. À une époque où d'aucuns aimeraient imposer l'idée qu'il n'existe qu'un modèle "naturel" de société, de famille ou de couple, ce roman nous rappelle qu'il n'en est rien. Juliette, l'héroïne, entraîne le lecteur dans un voyage initiatique pour lui faire découvrir d'autres coutumes, celles d'un monde où règnent l'équilibre et le respect entre les sexes. Guidée par Tristan, son pygmalion Tiki doué d'étranges pouvoirs, protégée par Alex, l'exemple manifeste que l'adaptation à une culture différente est possible, Juliette, le désir de vivre libre chevillé au corps, réalise que ses rêves sont accessibles. À Tikihama, au sein d'une communauté exceptionnelle, où chaque habitant expérimente avec bonheur un mode de vie dont les valeurs fondatrices d'égalité et de tolérance ont été établies par de mystérieux ancêtres aux yeux violets, Juliette, tout en cherchant à percer le secret des origines des Tikis, s'initie à l'univers magique de Tristan et peut enfin laisser sa nature s'exprimer pour concilier son besoin d'amour et de liberté.
      Tikihama est un monde chimérique certes, mais néanmoins crédible. Bien que purement imaginaire, l'histoire s'appuie sur des données ethnologiques, fait référence à des peuples au sein desquelles les liens singuliers entre les hommes et les femmes interrogent les normes de notre propre milieu et interpellent chacun d'entre nous : "vivons-nous réellement en accord avec nos désirs profonds ?" L'intrigue, où le fabuleux se mêle au réel, est prétexte à rêver d'une terre où prévaut la liberté d'être soi et d'aimer sans entraves.